Association
pour la Défense de l'Environnement
et la Maîtrise de l'Urbanisation
à Brétigny-sur-Orge
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Brèves
La Base : le pôle agrobiologique inscrit au PLU

Nous avons aujourd’hui l’assurance que le projet sera bien réalisé avec ses 75 ha de SAU (surface agricole utile), sans que nous sachions cependant à quelle échéance la totalité de ces surfaces sera mise en exploitation.

Une incertitude demeure sur l’emplacement exact des bâtiments (hangars et logements des ouvriers agricoles). Les budgets (Agglo et Région) ont été votés et une enquête publique, en cours, a pour but de rendre compatible le PLU de Brétigny avec les projets (classement en zones Ab pour l’agriculture biologique, et en zone Ul pour le cluster drone et le site d’e.commerce). Mais bien des questions restent en suspens. Nous en saurons plus le 25 février, puisque l’ADEMUB organise, à l’issue de son Assemblée générale, une réunion publique sur l’avenir de La Base avec la participation de Sylvain Tanguy, maire du Plessis-Pâté et président de la Société publique locale, qui gère les projets et, pour le pôle agrobiologique, de Jean-Pierre Lecocq, administrateur de Terre de Liens Ile-de-France.

Massacre au bulldozer ?
Vous l’avez peut-être vu, les travaux commencent à Maison Neuve (à côté du magasin Auchan) pour l’agrandissement de la zone commerciale et notamment avec la construction d’un cinéma Multiplex qui va, avec la bénédiction municipale, porter préjudice à plusieurs cinéma, dont certains publics (Ciné 220, Marcel Carné notamment). Mais ce ne sera pas seulement Marcel Carné (la culture cinématographique) qu’on va assassiner, c’est aussi la nature. Car au passage, pour construire ce nouvel ensemble, on va probablement combler une mare et raser l’anneau de végétation qui avait prospéré au cœur de cette friche. « La vie Auchan, Elle change la vie. », qu’ils disaient...
Des ruches, pour quoi faire ?

Trois ruches ont été installées derrière les nouveaux locaux des services techniques, rue de la Mairie. Des abeilles au centre-ville, pourquoi pas ? Au moment où l’on enregistre un effondrement des populations d’abeilles et autres pollinisateurs en France et dans le monde, installer chez nous quelques ruches de plus (il y a déjà 4 à 5 apiculteurs actifs sur Brétigny) peut avoir, au-delà du geste symbolique, un effet bénéfique pour la biodiversité. La Ville, qui soigne sa communication verte, veut donner aussi à ce projet un côté pédagogique en impliquant les enfants des écoles.

Certes, mais l’emplacement des ruches, derrière un parking fermé et pas très accessible, n’est pas très propice aux visites. Et on peut s’inquiéter de la survie de la colonie, coincée entre des voitures polluantes et un mur, avec seulement quelques m² de fleurs sauvages semées pour assurer sa nourriture. Fort des expériences menées en ce domaine à Longjumeau, Morsang, Sainte-Geneviève et ailleurs, on peut affirmer que seul un suivi quotidien de la vie des abeilles et un entretien constant des ruches mené par un professionnel compétent peuvent assurer leur pérennité. La ville de Morsang semble avoir trouvé la solution en confiant la formation de l’adjoint à l’environnement et du salarié chargé du suivi des ruches au Syndicat des apiculteurs du Val d’Essonne (SAVE). Autre condition : conduire une politique volontariste en matière de biodiversité sur l’ensemble de la commune.

(Ademub infos n°48 juin 2013)

Natureparif, association francilienne née du Grenelle de l’Environnement

répond aux questions de l’ADEMUB

Pouvez-vous expliquer à nos lecteurs ce qu’est Natureparif et quelles sont ses missions ?

Natureparif est une association née fin 2007, dans la foulée du Grenelle de l’Environnement, de la volonté de la région Île-de-France, soutenue par l’Etat, de se doter d’une structure régionale associant tous les acteurs étudiant, préservant ou ayant un impact sur la biodiversité. Elle est dotée d’une gouvernance organisée en 7 collèges : Etat, Région,collectivités locales, associations e n v i r o n n e m e n t a l e s , établissements d’enseignement supérieur et de recherche, et syndicats et entreprises.

Cet Observatoire régional de la nature et de la biodiversité devait être à même de porter à la connaissance de tous les enjeux franciliens en matière de conservation / restauration de la nature, de produire des indicateurs d’état et de suivi de la biodiversité, d’identifier les bonnes pratiques existantes et de sensibiliser les différents acteurs, particuliers, associations, élus, entreprises et l’ensemble des administrations concernées à l’importance de la préservation de la biodiversité et aux meilleures façons de le faire.

Quelles actions ont été entreprises par Naturparif ?

Notre première action a été de recenser toutes les études, inventaires et suivis réalisés sur le territoire francilien par l’ensemble des acteurs. Ce recensement a été effectué dans le cadre du SINP (Système d’information nature et paysage). Aujourd’hui, 1959 dispositifs sont décrits et accessibles en ligne sur le site internet de Natureparif. Les collectivités savent ainsi quelles études ont été réalisées sur leur territoire, sur quel sujet, quand et par qui. Les associations de protection de l’environnement disposent de ces mêmes informations et peuvent étayer leurs recours en prenant contact avec les structures ayant réalisé ces études.

Ce recensement nous a permis d’avoir une idée claire de l’état des connaissances et des acteurs à mobiliser par territoire, par grands groupes taxonomiques (1), d’entamer notre travail sur l’état de santé de la biodiversité en Ile-de-France, ce qui a permis de produire les premiers indicateurs régionaux (lien en fin d’article). Nous mobilisons les experts pour qu’ils réalisent les listes rouges régionales permettant d’identifier le statut de menace qui pèse sur les espèces : les listes rouges régionales sur la flore et les oiseaux seront publiées en 2011.

La biodiversité étant un sujet neuf, nous mettons au point des protocoles spécifiques permettant de suivre son état de santé, qui puissent être déployés largement et mis en oeuvre simplement, afin de disposer d’un maximum de données. La réalisation d’un protocole pour le suivi de l’impact des pesticides est en cours, un autre sera prochainement lancé pour les zones humides.

Nous travaillons également à identifier les bonnes pratiques et organisons des rencontres à destination de l’ensemble des acteurs franciliens. Ainsi, en 2011, trois rencontres ont eu lieu : « L’objectif zéro pesticide dans les espaces à contraintes » , « Les espaces verts des bailleurs, une chance pour la nature en ville ? », « Les espèces envahissantes : question d’écologie ou de gestion ? »). Deux autres sont programmées : « Le pigeon et la Ville » (le 7 novembre à Clamart) et « Friches et biodiversité » (le 29 novembre à Saint-Denis).

Nous réalisons une cartographie de la mise en oeuvre de l’objectif « zéro pesticide » dans les communes, accessible en ligne http://www.natureparif.fr/fr/agir/acteurs-bioNous éditons des guides de bonnes pratiques, comme le Guide de la gestion différenciée, un « classique », réalisé avec l’ANVL (2). Nous sortirons un guide en octobre pour inciter les entreprises à intégrer la biodiversité dans leurs pratiques et, au premier trimestre 2012, un autre dédié à la construction.

Nous éditons le Passeport Biodiversité qui valorise les structures franciliennes d’éducation, de découverte de la biodiversité, réédité à chaque Fête de la Nature.