Association
pour la Défense de l'Environnement
et la Maîtrise de l'Urbanisation
à Brétigny-sur-Orge
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Contre-projet du collectif Clause

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Le Collectif Clause est constitué de l’ADEMUB, de l’association Brétigny-Autrement Gauche Pluraliste, des Verts de la Vallée de l’Orge et d’adhérents à titre individuel.

Site de Brétigny-Autrement Gauche Pluraliste : http://aimeblutin.canalblog.com/
Site des Verts de l’Essonne : http://lesverts91.ouvaton.org/

PRESERVER LA QUALITE DE VIE DES BRETIGNOLAIS AUJOURD’HUI ET DEMAIN
UN PROJET EQUILIBRE ET RESPECTUEUX DE L’ENVIRONNEMENT

La municipalité de Brétigny a engagé un projet d’urbanisation des terrains Clause se traduisant, sur une superficie totale de 46 ha, par la construction de 1630 logements et l’aménagement de 5 ha réservés aux activités économiques ( commerces, entreprises) . Pour assurer l’accès à ce nouveau quartier, une route serait créée entre le plan d’eau du Carouge et la gare ( une pénétrante) , traversant tout un territoire, actuellement en zone agricole et pour une bonne partie en zone protégée.

Le « collectif Clause » a présenté, lors de la réunion publique du 19 Mars 2005, un projet alternatif qui, tout en prévoyant la construction de nouveaux logements, répond aux soucis de qualité de vie des Brétignolais et des habitants de l’agglomération

Ce projet , fruit de la réflexion partagée des membres du collectif, n’est en aucun cas un programme d’aménagement « clés en mains », mais une base de réflexion pour que chacun puisse, par courrier , par mél ou par échange verbal , faire part de ses remarques, de ses attentes ou des améliorations qu’il souhaiterait voir étudiées.

Les terrains Clause/Bois Badeau, un espace à dominante agricole à sauvegarder

Situés en bordure de l’espace naturel sensible des Joncs Marins, ces terrains étaient utilisés, il y a encore quelques années, comme lieu de production des graines florales et potagères de l’entreprise horticole Clause. Occupant une vaste surface du plateau à deux pas de la vallée de l’Orge, ils sont typiques du paysage traditionnel du Hurepoix et offrent des vues dégagées notamment sur la tour de Montlhéry et la butte Saint-Pierre.

Lieu de mémoire de l’histoire locale, où chaque famille Brétignolaise avait un ou plusieurs membres travaillant « chez Clause », l’implantation de cette entreprise a été un des éléments déterminants (comme la gare et le CEV) de l’évolution de Brétigny. Les bâtiments construits à proximité de la gare, dont notamment la maison des Sorbiers, sont empreints d’une grande charge affective pour nombre de Brétignolais.

C’est sur la base de cet existant et pour répondre aux besoins d’espaces verts et d’espaces naturels, considérés comme vitaux, que nous avons défini un projet permettant d’assurer le lien entre le plateau et la vallée, espace à la fois d’habitat, d’activités, de loisirs tournés vers le plein air et la nature, et de protection de la biodiversité.

Une coulée verte, lieu de biodiversité et espace de respiration

Imaginez au sortir de la gare, le départ d’un espace de promenade permettant de rejoindre à pied (mais aussi en vélo ou en roller), le domaine régional des Joncs Marins : vous traversez des espaces verts réservés aux activités des enfants, un terrain de grand jeu pour adolescents, faites une halte à l’ancienne ferme, longez une zone de maraîchage et des jardins familiaux, puis un espace naturel laissé en friche (préservant la diversité de la faune et de la flore), tout en découvrant des vues sur le paysage environnant. Le tout dans un cadre arboré (arbres et haies vives) pour donner à cet espace un caractère champêtre. Et, pour assurer une continuité verte et biologique dans l’ensemble de ce secteur, des ramifications seraient aménagées également dans la partie urbanisée avec une ouverture importante sur l’avenue Lucien Clause dont l’alignement de platanes doit demeurer intact. Dans ce contexte, la mare actuelle devra impérativement être maintenue et gérée de manière écologique.

Cette coulée verte, c’est un projet à la hauteur des besoins, en matière d’espaces naturels, de la population non seulement de Brétigny, mais aussi de l’agglomération du Val d’Orge.

Un projet à construire sur la durée, comme on plante une forêt pour les générations à venir.

Un projet ambitieux offrant aux habitants de Brétigny un cadre de vie de qualité où les espaces de nature et de plein air ne sont pas relégués à la périphérie des villes ( quand ils existent ), mais placés à deux pas du cœur de la ville et directement accessibles à pied, à vélo, en roller ou en transport en commun. C’est ce qui donne la qualité de vie à des villes comme Annecy, en France, ou Montréal, à l’étranger...

Un habitat de qualité et un quartier à taille humaine

Le projet de la municipalité vise à porter la population de Brétigny à 30.000 habitants, voire plus, d’ici à 2015.

Notre projet alternatif limite cet objectif à 25 000 habitants, soit 3 000 de plus qu’aujourd‘hui . Ce choix se justifie par le niveau actuel des infrastructures de la ville ( franchissement de la voie ferrée, équipements publics, réseaux de voirie et d’assainissement...) incompatible avec une population de 30 000 habitants. Pour un tel niveau de population il faudrait réaliser des investissements très lourds, sources d’un alourdissement de la charge des impôts sur l’ensemble des habitants, les seuls nouveaux arrivants à Brétigny ne pouvant financer à eux seuls, par leurs taxes d’équipement, la totalité des équipements nécessaires à leur accueil.

Or, pour une population de 25 000 habitants et compte tenu de la densification du centre ville déjà engagée par l’actuelle majorité municipale (800 logements vont être construits dans les 4 à 5 ans à venir - ZAC Collenot, terrain militaire, quartier gare... ), c’est un nombre maximum de 600 logements qui doit être envisagé sur les terrains Clause (l’équivalent du quartier des Ardrets, collectif et pavillonnaire ), sur une surface de quelque 10 ha.

Ces 600 logements, composés d’un quart de logements sociaux ( 150 logements) intégrés par petites unités dans l’ensemble des nouveaux logements construits, mixeraient petit collectif ( rez-de-chaussée + 2 ou 3 étages), maisons de ville et pavillons traditionnels, soit en locatif soit en accession. Parmi les priorités : des petits logements, en locatif aidé, pour les jeunes couples ou les personnes seules.

L’habitat le plus dense est à réaliser à proximité immédiate de la gare et dans la rue Lucien Clause où les critères architecturaux permettront de valoriser l’habitat existant ( nombreuses maisons en meulière ).

Les normes HQE (Haute Qualité Environnementale) devront être imposées à toutes les constructions avec une orientation appropriée, une isolation maximale, une gestion rationnelle de l’énergie et le recours aux énergies renouvelables, une gestion des eaux à la parcelle et écologique... L’imperméabilisation des surfaces sera minimisée y compris en faisant appel à la technique, désormais très répandue, des toitures végétalisées.

La construction de ce quartier devra être particulièrement novatrice, afin que le respect de l’environnement et le développement durable soient les éléments déterminants des choix architecturaux.

Utiliser la voirie existante et privilégier transports en commun et circulations douces

Pour desservir ce nouveau quartier, tel que défini dans le projet du Maire (5 ha pour les entreprises et 4000 habitants de plus ), une voie de 16 m de large, traversant l’Espace Naturel Sensible des Joncs Marins est programmée ! Or, le réel problème de la circulation dans Brétigny, c’est celui du franchissement de la voie ferrée. Cette « pénétrante » de 16 m de large, reliant Francilienne et gare, non seulement ne résout pas le problème de fond, mais au contraire l’aggrave. Elle accroîtrait encore les déplacements en voiture individuelle vers Brétigny et rendrait plus difficile la circulation dans ce quartier et dans le centre ville, voué aujourd’hui encore au tout-automobile : 1630 logements, c’est entre 2000 et 3000 voitures en plus.

Une gare routière (bus, taxis) devrait, à terme, être implantée de ce côté-ci de la gare ( locaux SERNAM), supposant un flux important de véhicules. Or, c’est sur ce même périmètre que la pénétrante amènera vers la gare de nombreux particuliers résidant alentour, notamment sur Leuville ou Saint-Germain...alors que le parking régional est implanté de l’autre côté de la voie ferrée...

La qualité de vie des habitants de ce quartier, tout comme celle des habitants du centre de Brétigny, ne sera pas très enviable...

Pour desservir un quartier de 600 logements seulement, nul besoin d’une voie de 16 m de large : en s’appuyant sur les voies actuelles, au besoin aménagées en conséquence, la desserte locale est améliorée sans favoriser le développement de la circulation automobile non indispensable. En outre, tout devra être fait pour limiter au strict minimum la pénétration de la circulation automobile dans le quartier lui-même, celle-ci devant être contenue autant que possible en périphérie. Simultanément, la priorité sera donnée aux circulations douces (marche à pied, vélo, roller...) et aux transports en commun, comme cela devrait être le cas partout à Brétigny. Il faut adapter la ville aux impératifs du développement durable, incompatibles avec le développement de la circulation automobile.

Des activités économiques tournées prioritairement vers l’environnement

Pour valoriser l’histoire locale tout en créant des activités économiques, l’idée d’activités tournées vers l’horticulture et le maraîchage s’est imposée, d’autant plus que les expériences, menées dans ce domaine par des entreprises d’insertion, ont montré la pertinence de ce type de projet, tant pour ceux qui y travaillent que pour les consommateurs. C’est ainsi que, sur le modèle « des Potagers de Marcoussis » (dont de nombreuses familles Brétignolaises sont déjà utilisatrices) ou d’autres réalisations similaires, une zone d’une dizaine d’hectares, ayant son assise sur les terrains acquis par l’Agglomération du Val d’Orge, serait attribuée, entre autres, à cette activité de production de légumes « bio ». Cela se ferait dans le cadre du volet insertion de la politique de la ville qui est de la compétence de l’Agglo, la gestion étant assurée par une association permettant la réinsertion et favorisant lien social et solidarité.

Toujours dans le domaine de l’économie sociale, la création d’un foyer résidence pour personnes âgées , doté des services à la personne appropriés, permettrait de créer des emplois, tout en répondant à l’attente et aux besoins des Brétignolais âgés et en favorisant sur ce quartier la mixité des générations. En nombre et en qualité humaine, cela ferait beaucoup plus d’emplois que n’importe quel entrepôt logistique.

Des surfaces de bureaux et d’ateliers artisanaux , à proximité de la Gare, sont à prévoir pour les implantations de petites entreprises ou de sièges sociaux. L’essentiel des surfaces disponibles sera consacré à un pôle d’entreprises dont les activités sont tournées vers l’environnement et le développement durable (bureaux d’études spécialisés, constructions écologiques, énergies renouvelables, etc.). Ce regroupement sur une même site de plusieurs entreprises complémentaires permettrait de créer une dynamique sur tout le département et d’offrir aux consommateurs information et offre de services et de produits respectueux de la santé et de l’environnement. L’aide de la Chambre de Commerce et d’Industrie et du Département sera utilement sollicitée pour qu’une pépinière d’entreprises et qu’un centre d’information des consommateurs sur ces produits puissent se développer. L’ensemble des activités économiques ne devrait pas dépasser une surface totale de 2 à 3 Ha, hors activité horticole.

L’implantation de commerces de proximité , pratiquement inexistants dans ce quartier, pourrait être favorisée : pharmacie, boulangerie, restaurant, petite supérette, atelier de vente, d’entretien et de réparation de cycles et accessoires...Dans le souci de favoriser la commercialisation de produits biologiques, diététiques ou à faible impact sur l’environnement et garants de notre santé, on pourrait y prévoir l’implantation de commerces et d’enseignes innovateurs en ce domaine et faisant cruellement défaut sur Brétigny. Cela pourrait aller de pair avec l’implantation d’une enseigne de commerce équitable bénéficiant d’un soutien actif des collectivités locales.

Cependant, le commerce de centre ville a déjà du mal à vivre à Brétigny, compte tenu de la concurrence accrue d’immenses zones commerciales ( Maison Neuve, Croix Blanche...). Il semble difficile, dans ces conditions, d’espérer l’implantation dans ce nouveau quartier d’un véritable mail commerçant... sauf à revoir complètement les projets d’extension de Maison Neuve, néfastes pour notre environnement ( car générateurs de déplacements automobiles) et pour la qualité de vie dans notre ville. Mais c’est là une démarche qui va totalement à contre-courant de celle des collectivités locales, soucieuses avant tout de collecter de la taxe professionnelle.

Des équipements publics au service de tous

Faire une liste d’équipements publics souhaitables et utiles pour les Brétignolais n’est pas difficile et les besoins ne manquent pas, notamment pour les sportifs ou pour les jeunes. Cependant nous avons cherché à ce que les équipements choisis puissent être financés dans le projet d’urbanisation lui-même et qu’ils soient en cohérence avec un projet respectueux de l’environnement.

C’est ainsi qu’outre les équipements scolaires liés à l’accueil des nouveaux habitants ( en cohérence avec la refonte de la carte scolaire liée à l’arrivée de familles avec des jeunes enfants en centre ville), le foyer résidence pour personnes âgées, la crèche, le terrain de jeux pour les familles et les adolescents, deux équipements publics nous semblent avoir pleinement leur place dans cet espace :

  • des jardins familiaux ou partagés : lieu de détente et d’activité de jardinage pour les familles ne disposant pas de maisons individuelles, les jardins familiaux tombés en désuétude durant les « 30 Glorieuses », reprennent vie ( tant pour des raisons économiques qu’écologiques : absence de traitements chimiques, production de proximité...) dans de nombreuses villes avec l’aide des collectivités locales. Ces jardins ont également une vocation sociale ( lieu ressource, mais aussi d’échanges et de rencontres) mais aussi esthétique, car désormais les jardins familiaux sont équipés d’abris et de barrières identiques et le souci du décor est présent chez beaucoup de jardiniers...
  • une salle familiale et associative : le besoin de salle pour fêter les événements familiaux (mariages, baptêmes, anniversaires..) est important, et l’implantation de ce type de salle pose toujours problème compte tenu des nuisances sonores éventuelles pour les riverains. L’espace des terrains Clause offre à la fois un cadre favorable, mais aussi un éloignement possible des habitations permettant de réaliser cet équipement dans les meilleures conditions. Par ailleurs, en semaine ces locaux pourraient servir aux associations de la ville, dont le développement des actions ne peut qu’être encouragé par la création de ces nouveaux locaux.

Enfin deux équipements à vocation non pas spécifiquement brétignolaise mais plutôt destinés à satisfaire les besoins des habitants de l’ensemble de l’agglomération, devraient trouver place sur ce site :

  • Il s’agit d’abord de la salle de musique actuelle, Le Rack’am , actuellement implanté à Brétigny au coeur d’une résidence, et qui, compte tenu de ses locaux, est limité en développement, alors même que la demande des jeunes ( et moins jeunes) en matière d’écoute de musique ( Rock, Reggae..) est forte. Déplacer cet équipement, destiné à tous les amateurs de musique de l’Agglo, vers la gare de Brétigny, dans un espace préservant les riverains, et dans des locaux insonorisés et mieux équipés serait « un vrai plus » pour tout le monde...
  • Enfin un centre d’initiation à la nature et à l’environnement auquel serait intégré un petit éco-musée destiné à préserver et à présenter au public les matériels et machines des anciens établissements Clause, doit être installé sur le site. Cet équipement, à vocation tant historique que pédagogique, s’adresserait à tous publics, mais principalement aux jeunes (accueil des scolaires et centres de loisirs), avec des animations permettant de découvrir la faune et la flore locale, de pratiquer du jardinage dans un potager spécifique destiné aux enfants, de découvrir et comprendre les enjeux du respect de l’environnement et du développement durable. Son implantation au cœur du site des terrains Clause est le point d’orgue du projet d’aménagement proposé par le collectif

Au vu de notre projet, point n’est besoin d’urbaniser 33 ha supplémentaires dont plus de 20 ha de terres agricoles. Tout au plus sera-t-il nécessaire d’urbaniser, en plus des 15 ha de la friche industrielle (serres comprises), quelques hectares supplémentaires en bordure de la rue du Bois de Châtres. Le re ste sera affecté à l’activité horticole (une dizaine d’ha) ou conservera sa destination agricole actuelle.