Association
pour la Défense de l'Environnement
et la Maîtrise de l'Urbanisation
à Brétigny-sur-Orge
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Brèves
Les Joncs Marins en danger !

Des personnes malveillantes, mais non sans moyens, ont profité des vacances d’août pour pratiquer à la machine et en toute illégalité une énorme trouée (6 à 7 m de large et plusieurs centaines de mètres de long) dans la partie forestière située en bordure du chemin de la Marinière.

Cela fait 20 ans, voire plus, que le "parc" des Joncs Marins subit les outrages les plus divers. Aujourd’hui, au fil des mitages, des dégradations, déboisements et autres constructions illégales, que reste-t-il encore pour aménager cet espace de nature et de biodiversité, véritable poumon vert de notre ville ? Est-il encore viable ?

Cela fait aussi 20 ans que cet épineux dossier traîne, les municipalités successives et les conseils régionaux comme l’État s’étant montrés incapables d’aboutir à une décision ferme et définitive. Il est urgent qu’on en vienne enfin à l’enquête publique et à la déclaration d’utilité publique indispensables à la survie de l’une des dernières zones de biodiversité de notre commune.

Les négociations pour y parvenir semblent reprendre entre les divers partenaires dont la Ville. Une bonne pratique de la concertation demanderait que l’ADEMUB soit enfin véritablement associée à ce travail de réflexion. Et, en attendant un résultat que nous souhaitons rapide, quelles mesures urgentes Brétigny va-t-elle prendre pour arrêter ces destructions et protéger cette zone ?

La Base : le pôle agrobiologique inscrit au PLU

Nous avons aujourd’hui l’assurance que le projet sera bien réalisé avec ses 75 ha de SAU (surface agricole utile), sans que nous sachions cependant à quelle échéance la totalité de ces surfaces sera mise en exploitation.

Une incertitude demeure sur l’emplacement exact des bâtiments (hangars et logements des ouvriers agricoles). Les budgets (Agglo et Région) ont été votés et une enquête publique, en cours, a pour but de rendre compatible le PLU de Brétigny avec les projets (classement en zones Ab pour l’agriculture biologique, et en zone Ul pour le cluster drone et le site d’e.commerce). Mais bien des questions restent en suspens. Nous en saurons plus le 25 février, puisque l’ADEMUB organise, à l’issue de son Assemblée générale, une réunion publique sur l’avenir de La Base avec la participation de Sylvain Tanguy, maire du Plessis-Pâté et président de la Société publique locale, qui gère les projets et, pour le pôle agrobiologique, de Jean-Pierre Lecocq, administrateur de Terre de Liens Ile-de-France.

Massacre au bulldozer ?
Vous l’avez peut-être vu, les travaux commencent à Maison Neuve (à côté du magasin Auchan) pour l’agrandissement de la zone commerciale et notamment avec la construction d’un cinéma Multiplex qui va, avec la bénédiction municipale, porter préjudice à plusieurs cinéma, dont certains publics (Ciné 220, Marcel Carné notamment). Mais ce ne sera pas seulement Marcel Carné (la culture cinématographique) qu’on va assassiner, c’est aussi la nature. Car au passage, pour construire ce nouvel ensemble, on va probablement combler une mare et raser l’anneau de végétation qui avait prospéré au cœur de cette friche. « La vie Auchan, Elle change la vie. », qu’ils disaient...
Des ruches, pour quoi faire ?

Trois ruches ont été installées derrière les nouveaux locaux des services techniques, rue de la Mairie. Des abeilles au centre-ville, pourquoi pas ? Au moment où l’on enregistre un effondrement des populations d’abeilles et autres pollinisateurs en France et dans le monde, installer chez nous quelques ruches de plus (il y a déjà 4 à 5 apiculteurs actifs sur Brétigny) peut avoir, au-delà du geste symbolique, un effet bénéfique pour la biodiversité. La Ville, qui soigne sa communication verte, veut donner aussi à ce projet un côté pédagogique en impliquant les enfants des écoles.

Certes, mais l’emplacement des ruches, derrière un parking fermé et pas très accessible, n’est pas très propice aux visites. Et on peut s’inquiéter de la survie de la colonie, coincée entre des voitures polluantes et un mur, avec seulement quelques m² de fleurs sauvages semées pour assurer sa nourriture. Fort des expériences menées en ce domaine à Longjumeau, Morsang, Sainte-Geneviève et ailleurs, on peut affirmer que seul un suivi quotidien de la vie des abeilles et un entretien constant des ruches mené par un professionnel compétent peuvent assurer leur pérennité. La ville de Morsang semble avoir trouvé la solution en confiant la formation de l’adjoint à l’environnement et du salarié chargé du suivi des ruches au Syndicat des apiculteurs du Val d’Essonne (SAVE). Autre condition : conduire une politique volontariste en matière de biodiversité sur l’ensemble de la commune.

(Ademub infos n°48 juin 2013)

Biodiversité

30 000 arbres : au-delà du symbole

La municipalité, anticipant l’hypothèse que nous serons 30 000 Brétignolais en 2030 (26 700 aujourd’hui), a entrepris de promouvoir l’idée de planter 30 000 arbres en 10 ans. L’idée est intéressante et le chiffre symbolique d’1 arbre par habitant est un levier de communication certain. Mais au-delà du symbole, du « coup médiatique », à moins d’un an des prochaines élections municipales, que faut-il penser du projet environnemental municipal, du moins pour ce que nous en savons ?

Fin avril, l’ADEMUB a communiqué ses questionnements et ses attentes sur ce projet d’envergure à l’équipe municipale. Tout d’abord précisons que nous incluons dans cette perspective la préservation des terres agricoles. En ce domaine, la municipalité a pris en compte une de nos revendications : une protection renforcée des terres agricoles. Administrativement, il s’agit du classement en « ZAP » (zone agricole protégée). Cela nécessite la modification de notre « Plan Local d’Urbanisme » (PLU), ce qui constitue une initiative exemplaire et novatrice dans notre agglomération.

Cependant nous ne savons rien ni de la localisation des terrains concernés, ni de l’ampleur du classement. Brétigny est situé sur le front urbain. Avec 32% de logements sociaux notre ville satisfait déjà à ses obligations légales en la matière. En conséquence, classer en ZAP entre 250 et 300 hectares de nos terres agricoles serait envisageable et responsable. Nous espérons qu’une concertation, incluant notre association, aura lieu sur le sujet.

Pour ce qui concerne le projet de planter 30 000 arbres en 10 ans, nous n’avons pour l’heure aucune visibilité sur ce qui est envisagé. Va-t-on tenir compte des abattages qui pourraient avoir lieu en parallèle sur l’espace public ou privé ?

Pour leur pérennité, ces plantations devront être faites « dans les règles de l’art » et dans le respect des contraintes. Les premières manifestations de cet enthousiasme municipal n’ont pas forcément obéi à ce principe élémentaire. Nous nous préoccupons aussi du type d’aménagement et du choix des essences. La plantation de haies vives ne devra pas être oubliée. Il faut transformer les chemins ruraux en continuités biologiques. Nous regrettons la « dévégétalisation » constatée chez certains particuliers, notamment au profit des murs pleins, véritables barrières à la continuité écologique, ou du remplacement d’espaces verts par des parkings automobiles. Plus globalement nous espérons une politique concertée en faveur de la biodiversité, comparable à ce que nous pratiquons en matière de « circulations douces », ce qui, somme toute, marche plutôt bien.

Un inventaire des arbres remarquables serait en cours. L’intention est louable mais ne faudrait-il pas associer la population à cette initiative et de surcroît, adopter une charte de l’arbre, comme l’ont fait d’autres villes ?

Mais les arbres ne sont que la partie la plus visible de notre environnement naturel. Plus généralement un inventaire de la biodiversité à Brétigny est nécessaire ainsi qu’une carte des continuités biologiques. Les préoccupations liées aux impacts du dérèglement climatique ne trouveront de solutions raisonnables que si nous connaissons l’environnement sur lequel nous agissons et si nous pouvons mesurer les effets obtenus.

Nous avons cru comprendre que la municipalité aurait l’intention de reprendre la propriété du bois de Beaulieu, situé à proximité d’Auchan, sur l’autre rive de la RD19 et envisagerait de l’ouvrir au public. Sur ce point encore, nous attendons un travail de concertation car le bois de Beaulieu est, et doit rester, une réserve de biodiversité. Elle sera potentiellement en connexion avec les continuités biologiques en cours de restauration sur le site de l’ex-base aérienne.

En conclusion, si les orientations de la municipalité, sur la politique en faveur de la biodiversité, vont dans la bonne direction, elles arrivent un peu tardivement dans la mandature. Il serait nécessaire de parvenir à une meilleure lisibilité des projets et de faire de la concertation avec le monde associatif sur ce sujet qui est l’un des fondements de l’action municipale à l’avenir.

ADEMUB iNFOS n°66 Juin 2019